La Fabrique de l'Ignorance

18 avril 2021, Guy Debord - La Société du Spectacle - 

Pas besoin de vous installer, vous êtes déjà devant le spectacle. 

SOMMAIRE Intro - Debord et le situationnisme 

00:00 Quelques influences de Debord (avec notamment le thème de l'aliénation chez Marx) 

3:09 La société spectaculaire-marchande : de l’aliénation au fétichisme 

6:05 Les fausses oppositions de la société du spectacle 

16:31 Temps et espace du spectacle 

21:15 Art et révolution 

24:41 Conclusion 

26:21 BIBLIOGRAPHIE 

Briche Gérard, Le spectacle comme illusion et réalité. Briche Gérard, 

Guy Debord et le concept de spectacle, sens et contresens. (Deux articles très utiles pour appréhender Debord.) Debord Guy, La société du spectacle, Gallimard, Folios Essais. Debord Guy, Commentaires sur la société du spectacle, Gallimard, Folios Essais. Gombin Richard, Les origines du gauchismes, Éditions du seuil. (Un livre clair et précis sur l’histoire de la gauche révolutionnaire anti-léniniste. Vraiment recommandable.) Jappe Anselm, Guy Debord, La découverte poche. (Un livre salué par Debord lui-même. Rigoureux et un peu dense, il facilite tout de même la lecture de la société du spectacle.) Hemmens Alastair, Ne travaillez jamais, Crise et critique. (Déjà évoqué dans le En Revue #6, ce livre s’intéresse à Debord et aux situationnismes du point de vue de la critique du travail et du courant de la critique de la valeur.) Lucaks Georg, Histoire et conscience de classe. Marx Karl, Manuscrits économico-philosophiques de 1844, Vrin. Marx Karl, Le Capital, Livre I, Editions Sociales. Trespeuch-Berthelot Anna, « Les vies successives de la société du spectacle de Guy Debord » Vingtième siècle. Revue d’histoire » 2014/2 N)122. En ligne.

24 février 2021 , La fabrique de l'ignorance | ARTE

Comment, des ravages du tabac au déni du changement climatique, on instrumentalise la science pour démentir... la science. Une vertigineuse investigation dans les trous noirs de la recherche et de l'information.   

Pourquoi a-t-il fallu des décennies pour admettre officiellement que le tabac était dangereux pour la santé ? Comment expliquer qu'une part importante de la population croie toujours que les activités humaines sont sans conséquence sur le changement climatique ? Les pesticides néonicotinoïdes sont-ils vraiment responsables de la surmortalité des abeilles ? Pourquoi la reconnaissance du bisphénol A comme perturbateur endocrinien n'a-t-elle motivé que de timides interdictions ? Au travers de ces "cas d'école" qui, des laboratoires aux réseaux sociaux, résultent tous de batailles planifiées à coups de millions de dollars et d’euros, cette enquête à cheval entre l'Europe et les États-Unis dévoile les contours d'une offensive méconnue, pourtant lancée dès les années 1950, quand la recherche révèle que le tabac constitue un facteur de cancer et d'accidents cardiovasculaires. Pour contrer une vérité dérangeante, car susceptible d'entraîner une réglementation accrue au prix de lourdes pertes financières, l'industrie imagine alors en secret une forme particulière de désinformation, qui se généralise aujourd'hui : susciter, en finançant, entre autres, abondamment des études scientifiques concurrentes, un épais nuage de doute qui alimente les controverses et égare les opinions publiques. 

Agnotologie 

Cette instrumentalisation de la science à des fins mensongères a généré une nouvelle discipline de la recherche : l'agnotologie, littéralement, science de la "production d'ignorance". 

Outre quelques-uns de ses représentants reconnus, dont l'historienne américaine des sciences Naomi Oreskes, cette investigation donne la parole à des acteurs de premier plan du combat entre "bonne" et "mauvaise" science, dont les passionnants "découvreurs" des méfaits du bisphénol A. Elle expose ainsi les mécanismes cachés qui contribuent à retarder, parfois de plusieurs décennies, des décisions vitales, comme le trucage des protocoles, voire la fabrication ad hoc de rats transgéniques pour garantir les résultats souhaités. Elle explique enfin, au plus près de la recherche, pourquoi nos sociétés dites "de l'information" s'accommodent si bien de l'inertie collective qui, dans le doute, favorise le business as usual et la consommation sans frein. 

La fabrique de l'ignorance Reportage de Franck Cuvelier et Pascal Vasselin (France, 2020, 1h37mn)